Virus Mpox : « Aucun lien possible » avec le vaccin d’AstraZeneca contre le Covid-19

Virus Mpox : « Aucun lien possible » avec le vaccin d’AstraZeneca contre le Covid-19

Dans cet article publié en 2022, nous traitions une question envoyée par Yema à l’adresse mail dédiée lesverificateurs@tf1.fr. Alors que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) venait de classer la variole du singe comme « une urgence de santé publique de portée internationale », cette lectrice s’interrogeait sur une rumeur lue sur les réseaux sociaux, selon laquelle la vaccination contre le Covid-19 aurait un lien avec l’apparition de cette épidémie en Occident.À l’époque, des internautes mettaient en effet en cause les « adénovirus de chimpanzé » utilisés dans le vaccin d’AstraZeneca et Oxford. « Un vaccin qui contient un adénovirus de chimpanzé est-il un prélude à une épidémie de variole du singe ? », s’interrogeait ainsi l’un d’eux. « Par le plus grand des hasards, les adénovirus de chimpanzé utilisés pour les vaccins contre le Covid-19 sont des MVA ou Poxvirus. Virus de la variole du chimpanzé », croyait savoir un autre. Face à la ténacité de cette fausse information, nous republions cet article réalisé en partenariat avec l’Inserm.

Des virus « extrêmement différents »

Pour Yannick Simonin, les choses sont très claires. Il est « scientifiquement impossible » qu’un lien existe entre le virus et le vaccin. Enseignant-chercheur au sein de l’unité Pathogenèse et Contrôle des infections chroniques et émergentes (Inserm/Université de Montpellier) il avance trois arguments qui démentent complètement la théorie des internautes.

Tout d’abord – contrairement à ce que laisse entendre son surnom – le « virus de la variole du singe « n’est pas particulier à cette espèce ». « L’orthopoxvirose simienne » a en effet été baptisée de la sorte, car il a été identifié la première fois chez des singes captifs d’un laboratoire de Copenhague. Mais en réalité, « il est principalement hébergé par des rongeurs, comme les écureuils et les rats », rappelle le virologue. Si l’espèce à l’origine de la transmission chez l’humain n’est toujours pas formellement identifiée, ce sont également les rongeurs qui sembleraient en être la source.
Deuxièmement, le virus de la variole du singe et les adénovirus utilisés pour le vaccin AstraZeneca « ne sont pas du tout les mêmes ». « Ils n’ont pas la même structure, pas la même taille, pas le même tropisme, c’est-à-dire qu’ils ne touchent pas les mêmes cellules », énumère l’enseignant chercheur à l’Université de Montpellier. Tant de différences qui rendent l’analogie
des internautes loufoque aux yeux de ce spécialiste des virus émergents. « Cela revient à comparer un éléphant à une chauve-souris ! »

Enfin, la technologie utilisée par AstraZeneca et Oxford a déjà fait ses preuves. Et elle ne date pas du Covid-19. Pour rappel, le vaccin développé par le laboratoire anglais consiste à utiliser un virus inoffensif comme vecteur pour transporter un fragment de l’ADN du Covid-19. Cette technique, « ancienne », est « inoffensive pour l’humain », souligne Yannick Simonin. Et l’adénovirus de chimpanzé utilisé l’est depuis 2014, notamment dans un vaccin contre la grippe.
En résumé, en dépit des suspicions des internautes, cette probabilité « est nulle » et strictement « impossible » sur le plan scientifique.

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